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Les empreintes de la Présidence tunisienne de l’Assemblée parlementaire Euro- Méditerranéenne

 

 

La tenue en Tunisie de la troisième session ordinaire de l’assemblée Parlementaire Euro Méditerranéenne a constitué un évènement de marque et de premier ordre que notre pays a vécu au cours du mois de mars écoulé , et qui a connu un succès remarquable tant au niveau de l’organisation et du déroulement des travaux marqués par une parfaite entente et une convergence quasi totale des idées qu’aux niveaux des résolutions et recommandations contenues dans la déclaration finale.

Cette session a été marquée par la participation d’un bon nombre de délégations parlementaires , et la séance d’ouverture a vu la présence du secrétaire général de la ligue des Etats Arabes, du vice-ministre allemand des affaires étrangères chargé des affaires Européennes, du secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe, du directeur exécutif de la fondation « Anna Lindh » pour le dialogue des cultures, du premier conseiller chargé de la coopération régionale à la commission européenne , ainsi que des membres du Bureau de l’APEM, à savoir la Présidente du Parlement Hellénique, le Président du parlement européen et le Président de l’Assemblée du peuple égyptienne, outre la participation du Président de la chambre des députés Marocaine et un grand nombre de parlementaires membres de l’Assemblée.

Unanimité Euro- Méditerranéenne

La Tunisie a soutenu vigoureusement l’institution de l’assemblée Parlementaire Euro- Méditerranéenne afin qu’elle soit une tribune ouverte et un espace de dialogue reflétant les préoccupations des peuples et leurs aspirations, et a œuvré pour que son mandat à la tête de l’assemblée (mars 2006-Mars 2007) soit riche en initiatives et propositions à même d’impulser le partenariat, et de renforcer les relations et l’entente entre les différents peuples de la région.

D’ailleurs, les délégations participantes à la session, qui ont loué les efforts déployés par notre pays depuis qu’il s’est chargé de la présidence de l’assemblée le 27 mars 2006, se sont appuyées sur des bases solides tirant leur origine d’un programme ambitieux axé sur le suivi des résolutions adoptées par l’assemblée au cours de sa deuxième session ordinaire de Bruxelles, et qui ont touché les domaines politique, économique et culturelle, ainsi que le domaine de la femme. Les Présidents des commissions ont été également invités à présenter leurs propositions sur les sujets qui seront examinés, et à fixer un calendrier de réunions des organes de l’assemblée. C’est ainsi que les commissions ont tenu plusieurs réunions à Tunis, Bruxelles et dans différents lieux.

Parmi les sujets les plus en vue qui ont focalisé l’attention des participants et qui ont été suivis avec un intérêt particulier, on peut citer la transformation de la facilité Euro- Méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP) en une Banque Euro- Méditerranéenne de développement qui représente l’une des phases les plus cruciales du processus de Barcelone susceptible de dynamiser le partenariat Euro Méditerranéen. A ce propos, la Tunisie a présidé un groupe de travail issu de la commission économique pour examiner cette question. Ce groupe a pris des décisions qu’il a communiquées à la commission économique qui s’est chargée, à son tour, de l’examiner et de tenir des séances de travail avec des responsables de la Banque européenne d’investissement qui ont abouti à des résolutions et recommandations que la présidence de l’assemblée a communiquées au conseil des Ministres des finances Euro- Méditerranéens tenu à Tunis durant le mois de juin 2006.

En effet, la majorité des parlementaires participants aux travaux de la troisième session ont appuyé cette initiative et demandé aux Etats membres et partenaires d’œuvrer à son application.

Pour atteindre cet objectif, le Bureau de l’APEM a réitéré sa demande d’élaborer les études nécessaires relatives à la transformation de la FEMIP en une banque Euro Méditerranéenne de développement, et ce en collaboration avec la Banque européenne d’Investissement étant donné le rôle que peut jouer cette banque dans la promotion du secteur privé et l’impulsion de l’investissement dans la région.

Le deuxième thème inscrit au programme de travail et présenté par la Tunisie à l’occasion de sa prise de fonction à la tête de l’assemblée porte sur le code Euro Méditerranéen de bonne conduite en matière de lutte contre le terrorisme.

Cette question importante a également focalisé l’attention des participants à la session de Tunis, qui a appelé à la tenue d’une conférence internationale sous l’égide des Nations Unies pour la publication d’un code de conduite pour la lutte contre le terrorisme de manière à instaurer un dialogue responsable visant à mettre en place un cadre commun en matière de lutte contre ce fléau. Cet appel traduit de façon claire la vision tunisienne dans la mesure ou le Président Zine El Abidine Ben Ali a été le premier à appeler, depuis les années 90, à la tenue d’une conférence internationale sous l’égide de l’ONU dont l’objectif consiste à mettre en place un code de conduite mondial auquel s’engagent tous les Etats.

En reconnaissance de la justesse de l'approche tunisienne dans sa manière d'agir contre le fléau du terrorisme en s'appuyant sur le domaine préventif, l'APEM a souligné la nécessité de faire de L'éradication de la pauvreté, à travers la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement et la mise en œuvre de la déclaration du millénaire, une des priorités absolues de toutes les politiques Euro Méditerranéennes, et au centre des programmes de coopération bilatéraux et multilatéraux basés sur le développement.

Sur un autre plan, l'assemblée s'est engagée, durant la présidence de la Tunisie, à accorder à la situation dans la région du Moyen-Orient un intérêt particulier malgré une conjoncture difficile dictée par les événements qui se sont succédés à l'instar de l'envahissement du Liban. L'assemblée a su être à la page des développements, a publié plusieurs déclarations et a tenu des réunions afin d'examiner ce qui peut être entrepris pour résoudre les retombées de la guerre au Liban, et procéder à sa reconstruction. Par ailleurs, les participants à la troisième session de l'assemblée ont jugé que la situation que vit le peuple palestinien actuellement requiert la levée de l'embargo économique qui lui est imposé et ont souligné que le conflit Israélo-Arabe ne peut être résolu sans trouver une solution juste, globale et durable à la cause palestinienne. Ils ont, en outre, appelé à la nécessité de protéger les sites archéologiques mondiaux menacés inscrits sur la liste de l'UNESCO et situés sur les terres endurant des conflits actuellement et ce en faisant allusion aux fouilles perpétrées par Israël à la ville d'Al- Qods.

Eu égard à l'importance qu'elle accorde au rapprochement et au dialogue des cultures, civilisations et peuples, la Tunisie a proposé à la commission culturelle lors de la première réunion du bureau de l'assemblée, la création d'une université Euro Méditerranéenne vu le rôle qu'elle peut jouer dans le rapprochement et le renforcement du dialogue entre les étudiants, les enseignants et les chercheurs des deux rives de la Méditerranée.

En outre, la Tunisie a œuvré à offrir toutes les conditions de réussite à la troisième session ordinaire de l'assemblée en multipliant les contacts entre les membres du Bureau et "le dialogue entre les cultures" a été proposé comme thème général de la séance plénière. Par ailleurs, notre pays a proposé un thème de débat intitulé "le défi de l'emploi dans l'espace Euro Méditerranéen" que la commission économique s'est chargée d'étudier lors de ses prochaines réunions.

Pour la complémentarité des deux rives :

Le débat qui a porté sur les différents thèmes d'actualité et qui s'est étalé sur deux jours, s'est engagé au niveau des Commissions.

Le débat qui a porté sur les différents thèmes d'actualité et qui s'est étalé sur deux jours, s'est engagé au niveau des Commissions.

La déclaration finale a souligné, à ce propos, que le dialogue des cultures, des civilisations et des religions s'est avéré une priorité absolue en admettant la nécessité de promouvoir des relations et des échanges culturels fondés sur la confiance et la coopération, appelant les parlements des pays Euro Méditerranéens à assumer un rôle actif dans la mise en application de la convention adoptée par la 33ème conférence de l'UNESCO en 2005 et relative à la protection et au respect de la diversité des expressions culturelles.

Sur un autre plan, le thème de la migration internationale a focalisé l'attention des participants lors de la session de Tunis. C'est ainsi que la déclaration finale l'a considéré en tant que l'un des clés du processus de mondialisation et un élément déterminant et agissant dans l'action du progrès et de développement, aussi bien pour les pays d'accueil que pour les pays d'origine. A ce propos, la déclaration appelle les parlements à inciter leurs gouvernements à adopter les différents textes juridiques internationaux relatifs à la protection des droits des immigrés.

En matière d'éducation, l'accent a été mis sur la nécessité de consacrer une part importante des dépenses publiques au secteur de l'éducation et d'accorder un intérêt particulier à l'enseignement des filles. La déclaration a également manifesté son appui à la politique commune adoptée en matière d'enseignement supérieur et aux différentes formes de coopération entre les universités au sein de l'espace Euro Méditerranéen

On peut constater, en passant en revue les recommandations de la troisième session de l'assemblée Parlementaire Euro Méditerranéenne, que cette institution nouvellement créée est parvenue à répondre aux aspirations des peuples et a su établir les fondements d'une coopération fructueuse et multiplier les contacts entre les deux rives de la Méditerranée. Par ailleurs, il est à signaler que la déclaration finale est en parfaite symbiose avec les résultats des différentes réunions et conférences internationales et régionales que la Tunisie a organisées ces dernières années et au cours desquelles elle a œuvré à enraciner les valeurs de tolérance, du dialogue des civilisations et de solidarité.

Il est indéniable que les propositions formulées et concertations engagées par les parlementaires des deux rives de la méditerranée, lors de cette session, contribueront à élaborer une approche qui puisse répondre aux aspirations des peuples de la région et à construire un avenir prometteur du partenariat et des concepts du développement solidaire sur lesquels s'appuie le processus de Barcelone.

Bien que la Tunisie ait œuvré, durant son mandat à la tête de l'assemblée Parlementaire Euro Méditerranéenne, à donner de l'élan à cette jeune institution parlementaire, notre pays est déterminé à continuer sur sa lancée en participant efficacement aux différents rendez-vous de cette assemblée, et en procédant à un suivi continu et minutieux de tous les dossiers et de toutes les propositions adoptées par la séance plénière. La Tunisie continuera également, en sa qualité de membre du Bureau de l'APEM, à œuvrer sans relâche à rapprocher davantage les parlementaires Méditerranéens, à renforcer la solidarité et l'entente entre les peuples de la région et à essayer d'instaurer la paix dans la région du Moyen-Orient.

 
 
 

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